Que faire en cas de terrain non constructible ?

Que faire en cas de terrain non constructible ?

Au moment d’acheter un terrain, il convient de vérifier que ce dernier est constructible afin de pouvoir vivre en toute tranquillité. Le problème, c’est que les règles d’urbanisme tendent à évoluer au fil des années, si bien qu’un terrain constructible peut finir par perdre ce statut. Que faire dans ce cas ?

Qu’est-ce qu’un terrain "constructible" ?

Pour que votre terrain soit considéré comme constructible, dont apte à accueillir une future construction, il doit remplir plusieurs conditions. Il doit bien évidemment être en mesure de supporter cette construction, donc son poids et ses charges. Le terrain doit être viabilisé, donc raccordé aux différents réseaux d’eau, de gaz ou d’électricité, ainsi qu’à des voies de circulation afin d’accéder au terrain en question. Enfin, le terrain doit être juridiquement autorisé à accueillir une construction. C’est là qu’entre en jeu le certificat d’urbanisme qui spécifie légalement si le terrain est opérationnel ou non. Or c’est ce même document qui peut être modifié pour correspondre aux nouvelles règles et au final retirer ce statut de constructibilité au terrain.

Qu’est-ce qui rend un terrain non constructible ?

Le terrain devient non constructible s’il ne respecte plus les conditions citées ci-dessus : s’il ne supporte plus la construction, s’il n’est plus viable d’une façon ou d’une autre et si le certificat d’urbanisme a spécifié qu’il n’était plus constructible. Cela peut être dû à différents facteurs.

Les risques naturels nécessitent parfois ce changement : un risque de crue, de glissement de terrain, d’incendie de forêt, de séisme ou d’avalanche peut survenir et influer sur le statut du terrain selon le degré de risque. A ce moment, l’État met en place un Plan de Prévention contre les Risques et délimite les zones visées, lesquelles ne sont plus constructibles. Parfois, le changement survient pour protéger un paysage ou un monument historique : la commune détermine une zone de protection, à l’intérieur de laquelle les terrains sont inconstructibles. Cela peut aussi varier selon le zonage pratiqué par la commune, qui détermine les zones urbaines, les zones à urbaniser, les zones agricoles et les zones naturelles ou forestières. L’État peut aussi mettre en place un projet d’intérêt général qui influerait justement sur la constructibilité ou non d’un terrain.

Qu’est-ce qu’une « constructibilité limitée » ?

Certaines communes ne disposent pas d’un Plan Local d’Urbanisme ou d’une carte communale. Elles ne peuvent donc pas autoriser de construction en dehors de secteurs déjà urbanisés. Cependant, certaines constructions peuvent être autorisées hors de ces secteurs à l’issue d’une délibération, à condition que la construction en question puisse servir l’intérêt de la commune (enrayer une baisse du nombre d’habitants par exemple). Cela s’applique pour une construction nécessaire à l’exploitation agricole ou une construction qui ne détériore pas les espaces naturels et ne remet pas en cause la salubrité et la sécurité publiques. En cas de réponse positive, la mairie sera donc en mesure d’accorder l’autorisation de construire.

Peut-on contester la non constructibilité du terrain ?

Ce changement de statut n’est pas nécessairement de votre fait et peut être dû à des circonstances extérieures que vous ne maîtrisez pas. Ainsi, vous êtes en droit de contester ce changement afin de rendre le terrain légalement constructible et de rester en place. Tout dépend cependant d’où vient le changement.

Par exemple, si le terrain a été déclaré non constructible après une modification du Plan Local d’Urbanisme ou du Plan d’Occupation des Sols (PLU et POS), vous serez forcément prévenu. Donc vous aurez le droit de contester cette modification lorsque l’enquête publique surviendra et ce auprès de la mairie, qui examinera votre requête. Si la décision vient d’un arrêté évoquant un « projet d’intérêt général », il faudra ici s’adresser à un juge administratif.

Il arrive aussi que le propriétaire ait été induit en erreur par le notaire chargé d’évaluer la constructibilité du terrain. Si vous l’avez acheté avec son accord en dépit d’une non-constructibilité du terrain que le notaire pouvait détecter, vous pourrez entamer une procédure de préemption ou de vente entachée d’un vice de consentement.

Comment rendre un terrain à nouveau constructible ?

Si un terrain n’est pas constructible de bout en bout, il en va de même s’il est déclaré inconstructible. Ainsi, le maire ou le préfet peut décider d’entamer des modifications ou une « révision simplifiée » pour inverser la tendance si les circonstances le permettent. Cependant, ces modifications ne doivent pas aller à l’encontre du projet d’aménagement et de développement durable, elles ne doivent pas être nuisibles et ne doivent pas entamer une zone naturelle forestière, agricole ou tout espace boisé classé.

Le projet est soumis à une enquête publique et notifié au président du Conseil régional et général ainsi qu’aux organismes concernés par le schéma de cohérence territoriale (SCOT). Le conseil municipal se charge d’approuver ou non la modification après délibération.

Que peut-on faire d’un terrain non constructible ?

Si le terrain n’est pas constructible, cela veut dire que l’on ne peut entamer aucune construction. Par conséquent, il est possible d’installer des tentes puisqu’elles ne sont pas concernées par les éventuelles autorisations. Cela est plus contestable pour les mobiles homes et caravanes car si elles finissent par s’installer, elles perdent donc leur caractère « mobile » et il convient de demander une autorisation à la commune pour que ces véhicules puissent rester sur le terrain. Cela reste valable si le terrain est constructible.

De manière générale, certains achèteront un terrain non constructible pour y établir une zone d’élevage, de plantation, ou de loisirs pour les campeurs. Ainsi, ils pourraient rentabiliser leur investissement sur le long terme en dépit de son caractère non constructible.

Conseils

Il vaut mieux perdre un minimum de temps entre l’acquisition du terrain et la construction car les modifications apportées aux certificats d’urbanisme sont fréquentes et rapides. Plus tôt vous vous y prendrez et plus vous aurez de chances d’éviter un changement de statut précoce.

En résumé :


- Un terrain non constructible n’est pas en mesure d’accueillir votre future maison
- Le changement vient parfois des pouvoirs publics, parfois à cause de circonstances extérieures
- On peut s’opposer au changement de statut du terrain et parfois le rendre à nouveau constructible
- Un terrain non constructible peut être exploité pour certaines situations.